Séminaire « Histoire et épistémologie de la psychopathologie », 9 mars 2026
Présentation générale du séminaire organisé par Marco Dal Pozzolo (Dr, Université Paris-Cité, SPHERE) et Franck Le Roux (Dr, Université Paris Cité, CRPMS)
Pascale Gillot, « Althusser lecteur critique de Politzer et lecteur de Lacan : psychanalyse et sciences humaines »
Accès : 29 rue d’Ulm (Bâtiment Jaurès), Paris 5e. Salle Émile Borel (2ème étage).
Argumentaire :
Cette intervention est consacrée à la centralité de la réception de la psychanalyse et de l’œuvre de Freud dans le travail d’Althusser, qui prit d’abord la forme de la lecture de la Critique des fondements de la psychologie (1928) de Georges Politzer, lecture ensuite dépassée et critiquée par la lecture décisive du travail de Jacques Lacan autour de la théorie de l’ordre symbolique dans le cadre du retour à Freud (cf. les deux conférences d’Althusser reprises dans le volume Psychanalyse et sciences humaines (1963-1964), éd. Livre de Poche, 1996, et l’article « Freud et Lacan » (1964-1965), repris dans Ecrits sur la psychanalyse. Freud et Lacan, Stock/IMEC, 1993). Il s’agit de mettre en lumière l’importance de l’orientation de la pensée d’Althusser en direction de la psychanalyse entendue comme science de l’inconscient, en rupture avec la « préhistoire » idéologique que représente la psychologie : cette orientation recouvre deux enjeux majeurs. La psychanalyse constitue d’abord une sorte de modèle de « coupure épistémologique », de césure entre science et idéologie, qui peut donner à comprendre la scientificité du marxisme, son statut de science du continent histoire (Pour Marx, et Lire le Capital). Par extension, elle fournit les éléments d’une compréhension de la scientificité des sciences humaines, qui implique leur émancipation (à l’oeuvre selon Althusser dans la psychanalyse et dans le matérialisme historique) à l’égard du psychologisme et de l’individualisme, et leur arrachement au statut de techniques d’adaptation des sujets à l’ordre social existant.
Notice bio-bibliographique :
Pascale Gillot, ancienne élève de l’ENS Ulm, agrégée et docteur en philosophie, titulaire de l’Habilitation à diriger des recherches, est Maître de Conférences en philosophie à l’Université de Tours. Ses recherches portent sur les modèles de l’esprit et de la pensée, et les conditions collectives de la subjectivation, au croisement de la philosophie moderne et de la philosophie contemporaine. Elle a publié trois ouvrages en nom propre, L’esprit, figures classiques et contemporaines(CNRS Editions, 2007), Althusser et la psychanalyse (PUF, 2009), La question du sujet. Descartes et Wittgenstein (CNRS Editions, 2020). Elle a assuré la direction de trois ouvrages collectifs, Le concept, le sujet, la science. Cavaillès, Canguilhem, Foucault (avec P. Cassou-Noguès), Vrin, 2009, Foucault/Wittgenstein. Subjectivité, politique, éthique (avec D. Lorenzini), CNRS Editions, 2016, Wittgenstein en France (avec E. Marrou), Kimé, 2022.
